Les golden retrievers, avec leur pelage doré emblématique, sont parmi les chiens les plus reconnaissables et aimés au monde. Pourtant, une rumeur persistante intrigue les passionnés de cette race : l’existence de golden retrievers noirs. Cette variété, bien qu’évoquée dans des discussions et des forums, suscite autant de fascination que de scepticisme.Certains affirment avoir vu ces chiens rarissimes, tandis que d’autres les considèrent comme une pure légende urbaine. Les experts canins et les éleveurs se penchent sur la question, cherchant à démêler le mythe de la réalité. La science et la génétique pourraient bien avoir des réponses surprenantes à offrir.
Origines et caractéristiques du Golden Retriever
Le golden retriever n’a rien d’un accident de la nature. Sa création remonte à l’Écosse du 19ème siècle, sous l’impulsion d’un homme : Sir Dudley Marjoribanks, plus connu sous le nom de Lord Tweedmouth. En 1865, il fait l’acquisition de Nous, un chien au pelage doré et ondulé, qu’il croise avec Belle, une femelle Tweed Water Spaniel. De ces unions naît la lignée des golden retrievers telle qu’on la connaît aujourd’hui.
Mais la beauté ne fait pas tout. Ces chiens, doués d’une intelligence remarquable et d’une soif de travailler, se sont imposés comme des partenaires de choix dans de nombreux domaines : chiens guides, secours en montagne, ou encore compétiteurs aguerris dans les sports canins. Leur reconnaissance officielle débute en 1913 grâce au Kennel Club britannique, puis gagne l’American Kennel Club.
| Caractéristiques | Description |
|---|---|
| Pelage | Or clair à or foncé |
| Origines | Écosse, 19ème siècle |
| Éleveur | Sir Dudley Marjoribanks |
Le standard de la race ne laisse place qu’aux teintes allant de l’or clair à l’or foncé. La question d’un golden retriever noir est donc exclue d’office. Cette limite n’est pas anecdotique : elle explique pourquoi tant de gens s’étonnent parfois d’apercevoir un chien noir qu’ils pensent être un golden retriever. En réalité, il s’agit presque toujours d’une confusion avec une autre race, comme le Flat Coated Retriever ou le Labrador Noir.
Le mythe du Golden Retriever noir : d’où vient cette confusion ?
Pourquoi cette légende du golden retriever noir continue-t-elle de circuler, malgré l’avis tranché des éleveurs et des spécialistes ? Plusieurs éléments nourrissent la confusion :
- D’abord, la palette des couleurs du golden retriever ne va jamais au-delà du clair ou du foncé, toujours dans les tons dorés.
- Ensuite, certaines races proches, comme les Flat Coated Retrievers et les Labradors noirs, sont souvent à l’origine de cette méprise.
Un Flat Coated Retriever, par exemple, arbore un pelage noir éclatant qui, de loin, peut tromper un œil non averti. Pourtant, à y regarder de plus près, sa silhouette plus svelte et la texture de son poil diffèrent nettement de celles du golden retriever. Le Labrador noir, quant à lui, est plus compact, mais la proximité de ses traits physiques et de sa robe noire entretient la confusion.
La génétique vient apporter un éclairage décisif : chez le golden retriever, le gène de la couleur noire est tout simplement absent. Les standards des Kennel Clubs ne laissent aucune place à un pelage noir pur. Lorsqu’un chien noir ressemble vaguement à un golden retriever, il s’agit forcément d’un croisement ou d’une erreur d’identification.
On croise parfois des annonces où des éleveurs peu scrupuleux prétendent vendre des chiots « golden retriever noirs », attisant la curiosité et les fausses croyances. Derrière ces promesses se cachent généralement des croisements avec d’autres races, jamais des golden retrievers authentiques.
Les races souvent confondues avec le Golden Retriever noir
Pour mieux comprendre d’où vient l’amalgame, il faut s’intéresser aux races qui prêtent à confusion avec le golden retriever noir. Deux d’entre elles reviennent systématiquement dans les discussions : le Flat Coated Retriever et le Labrador Retriever Noir.
Flat Coated Retriever
Le Flat Coated Retriever, reconnaissable à son pelage noir lustré (parfois foie), partage un air de famille avec le golden retriever. Pourtant, plusieurs différences permettent de les distinguer :
- Pelage : le flat coated arbore un poil plus plat et lisse.
- Silhouette : il affiche une allure plus fine et élancée.
- Origines : tout comme le golden retriever, il a été développé pour la chasse au gibier d’eau, mais son histoire génétique diverge.
La non-existence du gène noir chez le golden retriever pur fait de ces confusions des erreurs fréquentes mais explicables.
Labrador Retriever Noir
Autre source fréquente de confusion : le Labrador Retriever Noir. Malgré quelques points communs, leurs différences sautent aux yeux lorsqu’on y prête attention :
- Constitution : le labrador est compact, robuste et massif.
- Pelage : son poil est plus court et dense, alors que celui du golden retriever est long et ondulé.
- Palette de couleurs : les labradors se déclinent en noir, chocolat et jaune, alors que le golden retriever se cantonne à l’or, sous toutes ses nuances.
Repérer ces distinctions permet d’éviter bien des erreurs lors de l’identification d’un chien noir ressemblant à un golden retriever.
La génétique du pelage : pourquoi un Golden Retriever noir est-il impossible ?
Le secret du pelage doré du golden retriever se cache dans ses gènes. Ce chien porte deux copies du gène récessif responsable de la couleur or, qu’il reçoit de ses deux parents. Le gène dominant du pelage noir, qui existe chez d’autres retrievers comme le Flat Coated ou le Labrador, n’existe tout simplement pas chez le golden retriever pur.
Les gènes en jeu
Les golden retrievers héritent du gène récessif ‘e/e’ qui bloque la production d’eumélanine, le pigment noir. Ce gène ‘e/e’ permet la synthèse exclusive de phéomélanine, d’où cette gamme de teintes dorées qui caractérise la race. Tant que ce gène règne en maître, le noir reste totalement absent.
| Gène | Effet |
|---|---|
| e/e | Empêche la production de pigment noir (eumélanine) |
| E/E ou E/e | Permet la production de pigment noir |
Les croisements et les mythes
Parfois, des naissances de chiots noirs surviennent, mais uniquement lorsqu’il y a croisement avec une autre race disposant du gène noir. Ces chiens ne sont alors plus considérés comme des golden retrievers de pure souche, mais comme des métis ou des retrievers noirs. Cette rareté n’est donc jamais issue de la lignée originelle, mais d’un mélange génétique délibéré ou accidentel.
Les organismes de référence, à l’image du Kennel Club britannique et de l’American Kennel Club, veillent jalousement sur le respect des standards. Ces règles interdisent toute reconnaissance d’un golden retriever noir, confirmant que le mythe n’a pas de fondement génétique.
Face à ces réalités, la légende du golden retriever noir se heurte à un mur de faits. La génétique, les standards de la race et les observations d’experts convergent vers une même vérité : le golden retriever ne s’habille jamais de noir. Pourtant, la fascination demeure, sans doute parce que l’idée d’un chien aussi populaire pouvant exister sous une forme inattendue continue de titiller la curiosité. Dans l’imaginaire collectif, certains mythes ont la vie dure, et celui-ci, malgré la science, n’est pas près de s’éteindre.


